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IA interne : Société Générale abandonne SoGPT, Allianz accélère avec Claude

Deux trajectoires pour l’IA interne : Société Générale tourne la page SoGPT, Allianz mise sur Claude pour passer à la vitesse supérieure

Début janvier 2026, deux informations retiennent l’attention pour ceux qui suivent l’industrialisation de l’IA générative dans les services financiers. D’un côté, Société Générale aurait arrêté son assistant IA interne baptisé SoGPT et basculerait vers Microsoft Copilot. L’élément déclencheur provient d’une reprise par Le Monde Informatique sous forme de télex, qui indique que la banque aurait « adopté Microsoft Copilot » après avoir abandonné un outil interne, en attribuant l’information à Bloomberg (source secondaire). [1] Une orientation comparable est relayée par Actu Banque, via une publication Facebook évoquant un arrêt de SoGPT, sur fond de retours d’usage signalant un manque de mises à jour et une efficacité jugée insuffisante. [2]

Deux annonces proches, un contraste immédiat

Début janvier 2026, deux informations retiennent l’attention pour ceux qui suivent l’industrialisation de l’IA générative dans les services financiers. D’un côté, Société Générale aurait arrêté son assistant IA interne baptisé SoGPT et basculerait vers Microsoft Copilot. L’élément déclencheur provient d’une reprise par Le Monde Informatique sous forme de télex, qui indique que la banque aurait « adopté Microsoft Copilot » après avoir abandonné un outil interne, en attribuant l’information à Bloomberg (source secondaire). [1] Une orientation comparable est relayée par Actu Banque, via une publication Facebook évoquant un arrêt de SoGPT, sur fond de retours d’usage signalant un manque de mises à jour et une efficacité jugée insuffisante. [2]

De l’autre, Allianz annonce une accélération. Le groupe formalise un partenariat mondial avec Anthropic et étend l’usage de Claude au sein de sa plateforme interne. Dans son communiqué du 9 janvier 2026, Allianz précise que « Claude Code » est déjà utilisé par des milliers de développeurs et que l’accord vise un déploiement plus large, au-delà du périmètre IT. [3] Le Monde Informatique ajoute des éléments d’adoption à l’échelle : AllianzGPT serait utilisé par plus de 80 000 personnes, avec plus de 15 millions de prompts en 20 mois. [4]

La lecture rapide suggère un « paradoxe » : une banque qui met fin à « son » outil interne, et un assureur qui renforce son outil interne en élargissant l’accès à un composant (Claude Code) et, plus largement, à des capacités agentiques. Ce contraste mérite une analyse plus fine, car il ne décrit pas nécessairement un échec d’un côté et une réussite de l’autre.

Ce que les annonces disent, et ce qu’elles ne disent pas

Les informations publiques disponibles sur SoGPT restent limitées. Les éléments cités pointent surtout des irritants opérationnels : un manque de mises à jour et une efficacité jugée insuffisante par certains utilisateurs. [1][2] En parallèle, Société Générale communique depuis 2024 sur une stratégie IA plus large que la seule question d’un assistant interne. Le groupe indique, par exemple, disposer de « 300 cas d’usage d’IA en production », et cite des volumes significatifs sur des assistants orientés client, comme SOBOT (près de 6 000 interactions par jour) et ELLIOT côté BoursoBank (plus de 70 % des interactions traitées « de bout en bout »). [5] Autrement dit, l’abandon de SoGPT, s’il se confirme comme décision produit, ne signifie pas un retrait de l’IA. Il peut traduire une rationalisation : arrêter une brique qui n’apporte pas assez de valeur, et réinvestir sur des cas d’usage mieux instrumentés ou mieux intégrés.

Allianz, de son côté, décrit une trajectoire progressive et cumulative : des outils IA avant la vague GenAI, puis une plateforme interne, puis une extension des usages et des populations. Le Monde Informatique rappelle qu’AllianzGPT a été déployé dès septembre 2023 sur une instance Azure OpenAI encapsulée dans l’environnement du groupe, et qu’Allianz s’appuie aussi sur d’autres assistants internes (AskMe, Ask360, Allianz 360). [4] Le partenariat Allianz–Anthropic du 9 janvier 2026 met l’accent sur trois directions : un accès étendu à Claude, le développement d’agents capables d’automatiser des workflows multi-étapes (notamment en sinistres auto et santé), et un renforcement de la traçabilité via la journalisation des décisions, des justifications et des sources de données. [3] Ce point est central dans un secteur régulé : Allianz met en avant des mécanismes d’auditabilité, en cohérence avec une mise en conformité progressive liée au règlement européen sur l’IA. [3]

Copilot : un choix « standard » qui soulève des questions récurrentes

Le « paradoxe » tient aussi à la réputation contrastée de Copilot. Les retours disponibles dans la presse et la documentation convergent vers une idée simple : Copilot peut générer des gains, mais l’organisation « paie » une partie de ces gains en gouvernance, en hygiène documentaire et en contrôle.

Plusieurs freins reviennent de manière récurrente. D’abord, la question du ROI et du passage à l’échelle. Computerworld indique que des déploiements de Microsoft 365 Copilot se sont ralentis en entreprise, en raison de préoccupations sur la sécurité des données et sur la valeur mesurée. [6] Ensuite, la gouvernance des accès et le risque d’« oversharing ». Microsoft rappelle que Microsoft 365 Copilot exploite les contenus auxquels l’utilisateur a déjà accès via ses permissions dans Microsoft 365 (Microsoft Graph). L’assistant devient donc très dépendant de la qualité des droits d’accès, des groupes et des partages. [7] Microsoft propose, par ailleurs, un guide dédié à la réduction de l’oversharing, ce qui confirme que le sujet constitue un frein courant au passage à l’échelle. [8] Enfin, la sécurité et la perception d’une nouvelle surface d’attaque. Certaines sources de presse spécialisée mentionnent des scénarios d’attaque visant des assistants, dont le cas EchoLeak, présenté comme une attaque « zero-click » autour de Microsoft 365 Copilot (CVE-2025-32711). [9][10] À ces éléments s’ajoutent des irritants d’expérience utilisateur et une confusion de marque (« Copilot partout ») dans la perception du marché. [11]

Ce que cela implique pour Société Générale

Si Société Générale bascule vers Copilot, la banque ne « résout » pas automatiquement le problème qui aurait conduit à l’arrêt de SoGPT. Elle change de produit, et elle change aussi de modèle d’exploitation. Copilot peut réduire un frein classique : l’assistant séparé du quotidien. Un outil intégré aux applications de travail (mails, documents, réunions) peut augmenter l’usage spontané, car il réduit la friction.  En revanche, Copilot met en lumière la maturité de gouvernance documentaire. Dans les organisations où les partages restent trop ouverts, l’assistant peut rendre plus visibles des contenus sensibles à des utilisateurs déjà autorisés, mais qui ne les consultaient pas. Microsoft traite explicitement ce point dans ses contenus sur l’oversharing. [8] La question devient donc moins « Copilot a-t-il bonne presse ? » que « l’organisation a-t-elle préparé le terrain et défini un cadre d’usage vérifiable ? ».

Allianz accélère avec Claude Code : un indicateur surtout organisationnel

L’annonce Allianz ne porte pas uniquement sur un modèle (Claude). Elle décrit une logique plateforme, où l’outil interne reste la porte d’entrée et où le modèle devient un composant, gouverné et instrumenté.

 

Trois signaux ressortent. Le premier est le niveau d’adoption déjà élevé. AllianzGPT afficherait un usage massif (plus de 80 000 utilisateurs, plus de 15 millions de prompts). [4] Ce niveau change la dynamique : l’entreprise peut introduire une nouvelle capacité (Claude Code) sans repartir de zéro sur l’interface, le support et les usages. Le deuxième est l’orientation « systèmes et données ». Allianz cite l’usage de « Model Context Protocols (MCPs) » pour connecter l’assistant à des sources de données et à des outils de manière sécurisée. [3][12] L’objectif est clair : éviter un assistant « hors sol », utile pour rédiger, mais moins utile pour agir dans les processus. Le troisième est la promesse d’auditabilité explicitement assumée. Allianz annonce la journalisation des décisions, de leur justification et des sources mobilisées. [3] Ce positionnement s’aligne avec les attentes de conformité et de contrôle interne en environnement régulé, et avec l’exigence de supervision humaine et de documentation associée au règlement européen sur l’IA. [3]

Le « meilleur outil » ne suffit pas : ce que le contraste suggère sur l’exécution

Les informations disponibles ne permettent pas de conclure que « Société Générale échoue » et qu’« Allianz réussit » au sens global. Elles permettent, en revanche, de formuler un diagnostic plus utile : les organisations ne se différencient pas seulement par le choix d’un LLM, mais par leur capacité à opérer un produit d’IA interne dans la durée. Sur le plan technique, l’industrialisation compte plus que le prototype. SoGPT semble avoir souffert d’un manque de mises à jour et d’une valeur perçue insuffisante. [2] Ce type de signal correspond rarement à un problème de modèle uniquement. Il renvoie souvent à un problème d’exploitation : évaluation continue, amélioration des prompts et des garde-fous, intégration de sources internes fiables, et feuille de route alignée sur des cas d’usage concrets. À l’inverse, Allianz décrit une trajectoire pluriannuelle, fondée sur des itérations et un élargissement progressif. [3][4]

Sur le plan humain, la conduite du changement devient la variable critique. Côté Allianz, l’article souligne explicitement la diffusion d’une culture IA et l’effort de formation. [4] Côté Copilot, les freins documentés se traduisent en chantiers de transformation : assainissement des droits d’accès, réduction de l’oversharing, clarification des usages autorisés, et objectivation du ROI. [6][8][16] Dans ce cadre, « passer à Copilot » peut réussir si le déploiement est traité comme un programme de changement, avec gouvernance, formation, mesures d’usage et amélioration continue. Le changement d’outil ne remplace pas ces chantiers.

Ce contraste SocGen–Allianz apporte surtout des repères de pilotage.

  • Distinguer produit, plateforme et modèle : Allianz conserve une plateforme interne et change de composant ; Société Générale semble remplacer un produit interne par un produit éditeur. Ce ne sont pas les mêmes paris. [1][3][4]
  • Traiter la gouvernance documentaire comme un prérequis : l’IA accélère l’accès, elle ne corrige pas les droits. [8]
  • Instrumenter l’usage, puis arbitrer sur des preuves : les chiffres communiqués par Allianz illustrent une logique de pilotage à l’échelle ; l’arrêt de SoGPT, lui, apparaît sans indicateurs publics dans les éléments disponibles, ce qui limite l’analyse externe. [1][4]
  • Sécuriser sans « désincarner » l’outil : Allianz met en avant l’auditabilité et la supervision humaine pour les cas sensibles ; Copilot impose, de son côté, de cadrer les limites et les exigences de vérification, que Microsoft documente via des notes de transparence. [3][13]

Conclusion synthétique

Le contraste entre Société Générale et Allianz ressemble à un paradoxe, mais il décrit surtout deux manières d’organiser l’IA interne. Société Générale semble fermer un outil interne (SoGPT) et se tourner vers une solution éditeur (Copilot). Les éléments disponibles évoquent une valeur perçue insuffisante et un manque de mises à jour. [1][2] Allianz, à l’inverse, conserve une plateforme interne, capitalise sur une adoption déjà large, et étend les capacités via Claude et Claude Code, tout en affichant des objectifs d’intégration (MCP), d’agentification et d’auditabilité. [3][4][12] La question décisive ne porte donc pas seulement sur la « qualité » d’un assistant, ni sur sa réputation. Elle porte sur l’exécution : gouvernance des accès, intégration aux processus, pilotage par la preuve, et conduite du changement. Les retours récurrents sur Copilot illustrent précisément ce point : sans préparation des données, sans règles d’usage, et sans mesure de la valeur, l’adoption reste au stade pilote. [6][8]

Sources

[1] Le Monde Informatique, télex « La Société Générale adopte finalement Microsoft Copilot… », janvier 2026, information attribuée à Bloomberg (source secondaire).
[2] Actu Banque, publication Facebook évoquant l’arrêt de SoGPT et des retours d’usage (date non précisée dans les éléments fournis).
[3] Allianz SE, communiqué de presse « Allianz and Anthropic Forge Global Partnership to Advance Responsible AI in Insurance », 9 janvier 2026.
[4] Dominique Filippone, Le Monde Informatique, « Allianz accélère dans l’IA avec Anthropic », 12 janvier 2026.
[5] Société Générale, « Société Générale partage sa stratégie d’intégration de l’IA générative dans le secteur financier », 10 octobre 2024.
[6] Computerworld, « Microsoft 365 Copilot rollouts slowed by data security, ROI concerns », 27 septembre 2024.
[7] Microsoft Learn, « Data, Privacy, and Security for Microsoft 365 Copilot » (documentation en ligne ; date non précisée dans les éléments fournis).
[8] Microsoft Learn, « Microsoft 365 Copilot blueprint for oversharing » (documentation en ligne ; date non précisée dans les éléments fournis).
[9] SecurityWeek, « EchoLeak: AI Attack Enabled Theft of Sensitive Data via Microsoft 365 Copilot » (date non précisée dans les éléments fournis).
[10] The Hacker News, article du 12 juin 2025 relatif à EchoLeak / Microsoft 365 Copilot (titre non précisé dans les éléments fournis).
[11] The Verge, « No, Microsoft didn’t rebrand Office to Microsoft 365 Copilot » (date non précisée dans les éléments fournis).
[12] Anthropic, « Introducing the Model Context Protocol », 25 novembre 2024.
[13] Microsoft Learn, « Transparency Note for Microsoft 365 Copilot » (documentation en ligne ; date non précisée dans les éléments fournis).
 Microsoft, présentation sectorielle « Microsoft 365 Copilot – Banque » (support de présentation ; date non précisée dans les éléments fournis).

FAQ

1. Société Générale a-t-elle réellement arrêté SoGPT ?
Les informations publiques disponibles indiquent que Société Générale aurait abandonné SoGPT, selon un télex de Le Monde Informatique attribuant l’information à Bloomberg. À ce stade, il s’agit d’un signal médiatique, utile pour comprendre une tendance, mais qui reste à confirmer par une communication officielle détaillée.

2. Pourquoi une entreprise abandonne-t-elle un assistant IA interne ?
Les motifs évoqués dans les reprises disponibles renvoient souvent à des irritants d’exploitation : manque de mises à jour, qualité perçue insuffisante, faible valeur mesurée ou difficulté à intégrer l’outil aux usages quotidiens. Dans ces conditions, la rationalisation consiste parfois à arrêter une brique isolée pour réinvestir sur une solution mieux intégrée ou mieux maintenue.

3. Passer à Microsoft Copilot règle-t-il automatiquement le problème ?
Non. Copilot peut réduire la friction d’accès grâce à son intégration dans Microsoft 365, mais il rend aussi plus visibles les faiblesses de gouvernance documentaire. Microsoft rappelle que Copilot s’appuie sur les droits existants : si les permissions sont trop ouvertes, le risque d’oversharing augmente.

4. Que change l’annonce Allianz–Anthropic pour l’IA interne ?
Allianz formalise un partenariat mondial avec Anthropic et met en avant l’extension de l’usage de Claude (dont Claude Code) au-delà du périmètre IT. L’annonce insiste aussi sur l’automatisation de workflows multi-étapes (logique agentique) et sur des exigences de conformité, ce qui place l’exécution et l’auditabilité au centre.

5. Pourquoi l’auditabilité devient-elle un sujet central dans les services financiers ?
Dans un environnement régulé, l’enjeu n’est pas seulement de produire une réponse, mais de pouvoir expliquer, tracer et justifier. Les approches qui mettent en avant la journalisation, la justification et les sources cherchent à sécuriser l’industrialisation, notamment pour des processus sensibles (sinistres, santé, risques).

6. Quels risques « sécurité » sont le plus souvent cités autour des copilots ?
Deux familles dominent : le risque d’oversharing (exposition involontaire de contenus accessibles par permissions) et des scénarios de vulnérabilités exploitant le contexte et les connecteurs. Des publications ont notamment décrit EchoLeak (CVE-2025-32711) comme une vulnérabilité de type « zero-click » ayant concerné Microsoft 365 Copilot.

Cet article s’appuie sur une idée originale personnelle et a été élaboré avec l’aide d’une IA générative pour la recherche d’information et la structuration du texte ; je conserve la main sur l’analyse, la sélection des contenus et j’assure la relecture finale.